Mouvement oscillatoire du niveau de la mer, résultant des attractions gravitationnelles de la Lune et du Soleil sur la matière des océans, combinées aux forces d'inertie d'entraînement et de Coriolis engendrées par la rotation propre de la Terre, la révolution du système TERRE-LUNE et la révolution du système TERRE-SOLEIL

Forces génératrices des marées

Compte tenu du fait que des masses s'attirent suivant une intensité proportionnelle à leur produit et inversement proportionnelle au carré de leur distance, seuls la Lune - dont la distance à la Terre est faible - et le Soleil - dont la masse est considérable - exercent une influence appréciable, celle de la Lune étant cependant prépondérante. En fait, la force élémentaire génératrice de la marée est égale à la différence entre l'attraction que subirait une particule placée au centre de la Terre et celle qu'elle subit réellement alors qu'elle se trouve à la surface terrestre ; cette force est faible par rapport à la force de pesanteur (de l'ordre du 10/1 000 000).
L'eau des océans se répartit à la surface de la Terre, sous l'action de la force génératrice de la marée, de telle sorte que le niveau de l'eau est maximal dans la zone terrestre faisant face à la Lune et celle diamétralement opposée.


Diversité des marées dans le temps et les lieux

Le mouvement diurne de la rotation de la Terre autour de son axe polaire définit la périodicité, en un point donné de la surface terrestre, du phénomène de la marée. Si la Lune est dans le plan de l'équateur, l'astre retrouve la même position relative au bout d'un " jour de l'astre " - soit environ 24 h 50 min - au cours duquel le niveau de l'eau, au point considéré, atteint, à deux reprises, une hauteur maximale (pleine mer) et une hauteur minimale (basse mer) ; la période du phénomène est donc de 12 h 25 min. L'influence du Soleil donne lieu à des phénomènes identiques, qui se superposent à ceux induits par la Lune, mais leur effet est deux ou trois fois moins intense.
Lorsque la Terre, la Lune et le Soleil sont à peu près alignés (nouvelle ou pleine lune), les influences des deux astres s'additionnent ; on obtient la marée maximale, dite de vive-eau. Dans le cas où la Terre, la Lune et le Soleil sont en quadrature (premier et dernier quartiers de la Lune), les effets des deux astres se soustraient ; on obtient la marée minimale, dite de morte-eau. La réalité s'éloigne cependant souvent du schéma théorique, en raison, d'une part, de la complexité des mouvements astronomiques (plans orbitaux différents) et, d'autre part, de perturbations locales liées à la topographie. En effet, on peut diviser les surfaces marines et océaniques en " bassins " plus ou moins fermés, qui possèdent des modes d'oscillation propres. Si la période de ces modes coïncide avec une de celles des marées, il se produit un phénomène de résonance qui modifie considérablement le schéma simple des marées lunaires. Ainsi, en fonction du lieu géographique, on observe des marées diurnes, semi-diurnes ou mixtes, d'amplitudes très variables.
On classe l'intensité des marées par leur coefficient ; 120 est le plus élevé, 20, le plus faible ; ces valeurs extrêmes sont rarement atteintes. L'intensité des marées varie fortement non seulement selon la période mais aussi d'un lieu à un autre. Les marées sont toujours plus fortes le long des marges continentales qu'en plein océan, et dans les océans que dans les mers fermées.

Marées terrestres et atmosphériques

Le phénomène des marées concerne également la croûte terrestre et l'atmosphère, bien que l'amplitude des phénomènes correspondants soit beaucoup plus faible que pour les masses d'eau.
Chaque fois que deux corps sont en interaction gravitationnelle, il se produit un phénomène de marée, d'autant plus sensible que les corps sont plus déformables et que les forces gravitationnelles sont plus grandes. L'effet de marée exercé par la Terre sur la Lune, peu sensible aujourd'hui puisque celle-ci est solide et présente toujours la même face à la Terre, a certainement été considérable autrefois, lorsque la Lune, beaucoup plus chaude, était plus visqueuse. La dissipation d'énergie consécutive aux déformations causées par la marée terrestre a précisément eu pour résultat de ralentir la rotation propre de la Lune jusqu'à la vitesse actuelle.